Atmosphère Humeur

CHRONIQUEUR ET MAÎTRE D’HÔTEL

La large baie vitrée qui regardait le couchant, reflétait l’ocre qui tombe le soir sur le port. J’ai poussé la porte de verre, une odeur de fleurs pesait dans la salle. Je me suis installé avec précaution. Encore déprimé par le confinement, et… la lecture de la carte, j’essayai de penser à la « Pasta con sarde e finocchi » de Gilda, mais les questions du maître d’hôtel m’empêchèrent de rassembler mes pensées. Quand il souriait, il découvrait de longues dents jaunies. il avait l’air d’un homme endormi tant il semblait calme et résigné. Le refus d’un plat qu’il me suggéra parut le désappointer, mes choix lui arrachèrent quand même un sourire et il pencha la tête en signe d’assentiment. Le poids de la carte devenait si lourd, qu’il ne se sentait plus le courage d’en assumer la charge. Voilà un homme qui a traversé bien des déceptions, ça se voit. Dix minutes plus tard, il posa l’assiette sur la nappe blanche et me souhaita bon appétit. L’odeur d’accacias pesait, altérant le goût du « Vitello Tonato ». A ma table, un couvert. Je me retrouve souvent seul au restaurant, ça ne guérit de rien, mais il arrive que j’y rencontre quelqu’un. Souvent une autre solitude, parfois celle d’un maître d’hôtel.

Chroniqueur et Maître d’Hôtel

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